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RDC : un mois après la déclaration de l’épidémie d’Ebola, MSF alerte sur des failles critiques dans la riposte

Un mois après la déclaration officielle de l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières alerte sur une riposte encore insuffisante face à une crise qui continue de progresser dans l’Est du pays. L’organisation appelle à renforcer d’urgence la surveillance, le diagnostic, le suivi des contacts et l’engagement communautaire.

Un mois après la déclaration de l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières tire la sonnette d’alarme. Malgré le renforcement progressif des opérations de riposte, l’organisation humanitaire estime que l’épidémie continue de progresser plus rapidement que les efforts déployés pour la contenir.

Selon MSF, plusieurs maillons essentiels de la réponse restent fragiles : la surveillance épidémiologique, les capacités de diagnostic, le traçage des contacts, l’accès aux soins et l’adhésion des communautés. Ces faiblesses compliquent l’identification précoce des cas, retardent l’isolement des patients et limitent la compréhension réelle de l’ampleur de la transmission.

L’épidémie touche principalement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC. L’Ituri concentre, selon MSF, la très grande majorité des cas signalés. Des cas confirmés ont également été rapportés en Ouganda voisin, illustrant le risque de propagation transfrontalière dans une région marquée par d’importants mouvements de population.

Les autorités sanitaires congolaises ont officiellement rapporté plus de 650 cas confirmés et plus de 130 décès au moment de l’alerte de MSF. L’organisation estime toutefois que ces chiffres pourraient ne refléter qu’une partie de la situation réelle, en raison des retards de diagnostic, de l’accès limité à certaines zones et des difficultés persistantes de surveillance.

Pour MSF, le diagnostic constitue l’un des points les plus préoccupants. Bien que les capacités de laboratoire aient été renforcées et que des tests mobiles adaptés au virus Ebola Bundibugyo aient été déployés dans l’Est du pays, de nombreuses communautés restent insuffisamment couvertes. Dans certains centres de traitement, les résultats de laboratoire peuvent encore prendre plusieurs jours, ce qui retarde la prise en charge et le contrôle de la transmission.

L’insécurité, les déplacements de population et les faiblesses structurelles du système de santé aggravent la situation. Dans plusieurs zones affectées, les populations vivent depuis des années avec les conséquences des conflits armés, de la précarité sanitaire, des flambées récurrentes de maladies et d’un accès humanitaire limité. Ces facteurs créent un environnement propice à la propagation de l’épidémie.

MSF souligne également l’importance de la confiance communautaire. Dans certaines localités, la peur, la méfiance et les rumeurs compliquent le travail des équipes de riposte. L’organisation rappelle qu’une réponse efficace ne peut pas se limiter à installer des centres de traitement ou à expliquer la maladie. Elle doit écouter les préoccupations des populations, impliquer les leaders communautaires et adapter les interventions aux réalités locales.

Au-delà de la riposte Ebola, MSF insiste sur la nécessité de maintenir les services de santé essentiels. Les femmes enceintes doivent continuer à bénéficier de soins maternels, les enfants doivent être vaccinés, et les patients atteints de paludisme, de choléra, de malnutrition ou d’autres pathologies doivent pouvoir accéder aux soins. Pour AfricaVet, cette dimension est centrale : la gestion d’une flambée épidémique ne doit pas fragiliser davantage les systèmes de santé déjà sous pression.

Cette crise rappelle également l’importance d’une approche Une Seule Santé. La maladie à virus Ebola, d’origine zoonotique, exige une coordination étroite entre la santé humaine, la santé animale, l’environnement, la surveillance communautaire et les mécanismes transfrontaliers d’alerte précoce. Dans un contexte de mobilité, d’insécurité et de vulnérabilité sanitaire, le renforcement de la collaboration multisectorielle reste essentiel pour détecter plus vite, répondre plus efficacement et limiter les risques de propagation.

MSF indique avoir mis en place des centres de traitement Ebola à Bunia, Mongbwalu, Komanda, Goma, Bukavu et Lwiro, tout en préparant d’autres structures d’isolement et de prise en charge. L’organisation appuie également la prévention et le contrôle des infections dans les formations sanitaires, la formation des agents de santé, les enterrements sécurisés et dignes, l’approvisionnement en équipements et médicaments, ainsi que le maintien des soins essentiels.

Pour MSF, l’épidémie peut encore être maîtrisée, mais la fenêtre d’action se réduit. L’organisation appelle les autorités et les partenaires engagés dans la riposte à faciliter le déplacement du personnel de santé et des fournitures, à renforcer les diagnostics, la surveillance, l’accès aux soins et l’engagement communautaire, afin de mettre en place une réponse réellement proportionnée à l’ampleur de la crise.

Mots-clés : Ebola, RDC, Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ouganda, MSF, maladie à virus Ebola, virus Ebola Bundibugyo, surveillance épidémiologique, diagnostic, traçage des contacts, riposte sanitaire, One Health, Une Seule Santé, zoonoses, santé publique, Afrique centrale.

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Flora J. Ingah