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Kenya : Nairobi dit non à la fusion “médicaments humains + vétérinaires” et défend une régulation dédiée

À Nairobi, le débat peut sembler technique. Pourtant, il touche un sujet très concret : la qualité des médicaments utilisés dans les élevages, la sécurité sanitaire des aliments (lait, viande, œufs) et la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Le 20 janvier 2026, le Cabinet Secretary kényan en charge de l’agriculture et de l’élevage, Mutahi Kagwe, a publiquement rejeté des projets de loi discutés au Parlement kényan et à l’Assemblée législative de l’Afrique de l’Est (EALA) qui viseraient à rapprocher, voire fusionner, la régulation des médicaments humains et vétérinaires.

Une visite au VMD, un message clair

La scène se déroule au Veterinary Medicines Directorate (VMD), à Loresho (Nairobi). Devant les équipes du régulateur, Mutahi Kagwe assume une ligne ferme : la séparation des deux systèmes n’est pas un “détail administratif”, mais un choix fondé sur la science, la sécurité alimentaire et les standards internationaux. Il rappelle que cette séparation, introduite en 2015, reste “non négociable”.

Dans le même temps, le gouvernement alerte sur l’enjeu régional : une fusion ferait du Kenya “le maillon faible” et entrerait en tension avec des cadres d’engagements régionaux évoqués par les autorités, notamment EAC et COMESA.

Pourquoi le médicament vétérinaire n’est pas “un médicament comme les autres”

Pour un éleveur, l’impact est immédiat : un antibiotique mal utilisé, un produit falsifié, un dosage hasardeux… et ce sont des pertes économiques, des animaux qui ne répondent plus au traitement, et parfois des résidus qui se retrouvent dans la chaîne alimentaire.

C’est précisément l’argument du ministère : les médicaments vétérinaires ont des spécificités (espèces, filières, conditions d’élevage, retrait des produits avant abattage/vente) qui justifient une régulation dédiée. Le ministère avertit que regrouper la régulation vétérinaire sous une autorité centrée sur le médicament humain ferait courir des risques à la santé publique, au bien-être animal et aux standards de sécurité alimentaire.

“Un permis de commerce n’est pas une licence professionnelle”

Autre message très “terrain” : le gouvernement vise la dispensation illégale. Kagwe rappelle que les licences commerciales délivrées par les comtés ne donnent pas, à elles seules, le droit de dispenser des médicaments vétérinaires — et il évoque des poursuites en cas d’exercice non autorisé.

Derrière cette phrase, il y a une réalité connue dans de nombreux pays : la frontière parfois floue entre boutique d’intrants, agrovet, vente informelle… et l’accès (souvent sans prescription) à des antimicrobiens. Dans un contexte de sécheresse et de pression sanitaire élevée sur le bétail, l’État estime que la régulation doit être plus proche des comtés, pas diluée.

Renforcer le VMD plutôt que le “diluer”

Le gouvernement annonce donc une stratégie inverse : muscler le VMD. Au menu :

  • recrutement de personnel supplémentaire,
  • ouverture de bureaux régionaux pour étendre la couverture réglementaire,
  • programme annuel de stage annoncé pour 1 500 jeunes professionnels,
  • accélération de l’opérationnalisation d’un National Veterinary Medicines Quality Control Laboratory pour renforcer le contrôle qualité.

Les autorités évoquent aussi un Veterinary Practice Bill à venir, présenté comme un texte destiné à ancrer le dispositif dans la loi et à stabiliser le mandat du régulateur.


Encadré AfricaVET — Ce que disent les références OMSA (WOAH)

Au-delà du débat kényan, plusieurs standards de l’OMSA/WOAH éclairent pourquoi la régulation des médicaments vétérinaires est un pilier “One Health” (santé animale–santé humaine–environnement).

1) Un cadre légal pour garantir qualité, sécurité, efficacité
Dans le Code terrestre, la WOAH indique que la législation vétérinaire doit fournir une base pour assurer la qualité, la sécurité et l’efficacité des produits médicaux vétérinaires, et minimiser les risques pour la santé humaine, animale et l’environnement (y compris la résistance aux antimicrobiens).

2) Autorisation, importation, distribution, traçabilité : le “circuit complet”
La WOAH recommande que la législation encadre notamment : autorisation de mise sur le marché, importation/fabrication, stockage, commerce de gros/détail, publicité, conditions d’usage, et même des mécanismes de traçabilité et de rappel.
Elle insiste aussi sur des dispositions clés pour les filières alimentaires : limites maximales de résidus, délais d’attente, et restrictions d’usage pour les animaux producteurs d’aliments.

3) Antimicrobiens : responsabilités partagées, approche One Health
Le chapitre 6.10 du Code terrestre rappelle que l’usage responsable et prudent des antimicrobiens implique la responsabilité des autorités compétentes et de tous les acteurs : industrie, vétérinaires, distributeurs, éleveurs, etc., dans une logique One Health, afin de réduire les risques de résistance et de protéger la sécurité des aliments.

4) Une boussole pour prioriser : la Liste WOAH des antimicrobiens d’importance vétérinaire
La WOAH publie une liste d’antimicrobiens d’importance vétérinaire, utilisée pour guider les politiques d’usage et de stewardship, en lien avec les standards du Code (dont le chapitre 6.10).


Pourquoi cette décision intéresse toute l’Afrique

Le débat kényan illustre un dilemme fréquent : simplifier les structures ou spécialiser la régulation là où les risques sont différents. Dans la pratique, la capacité à :

  • sécuriser l’approvisionnement (éviter les produits falsifiés),
  • encadrer prescription/vente,
  • organiser la pharmacovigilance et les retraits,
  • et piloter le bon usage des antimicrobiens,

… repose souvent sur un régulateur vétérinaire outillé, en lien étroit avec les services vétérinaires, les laboratoires et les collectivités.


À retenir

  • Le Kenya rejette la fusion des régulations “humain + vétérinaire” et défend une séparation en place depuis 2015.
  • Le gouvernement veut renforcer le VMD : effectifs, présence régionale, stages et contrôle qualité.
  • Les standards OMSA/WOAH soulignent l’importance d’un cadre légal solide pour les médicaments vétérinaires et l’usage responsable des antimicrobiens (One Health).

Mots-clés (10) : Kenya, VMD, médicaments vétérinaires, régulation, sécurité san

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Simon Yaya