Trois jours après la Journée mondiale des abeilles, célébrée le 20 mai, le message reste d’actualité : protéger les abeilles et les autres pollinisateurs, c’est protéger l’agriculture, la biodiversité et les moyens de subsistance de millions de familles rurales en Afrique.
En Afrique, les abeilles ne sont pas seulement associées au miel. Elles jouent un rôle essentiel dans la production agricole, en assurant la pollinisation de nombreuses cultures alimentaires. Fruits, légumes, graines, plantes fourragères et espèces sauvages dépendent, en partie, de l’activité silencieuse des pollinisateurs.
Selon la FAO, les abeilles et autres pollinisateurs contribuent à la pollinisation d’environ 75 % des cultures alimentaires mondiales et de près de 90 % des plantes sauvages à fleurs. Leur protection est donc directement liée à la sécurité alimentaire, à la nutrition et à la santé des écosystèmes.
Mais ces pollinisateurs sont de plus en plus menacés. Le changement climatique, la dégradation des habitats, la pollution, la perte de biodiversité et l’usage non maîtrisé de certains produits chimiques réduisent leur présence dans les paysages agricoles. Pour les petits producteurs, cette situation peut avoir des conséquences directes : baisse des rendements, fragilisation des revenus et réduction de la diversité alimentaire.
Au Kenya, où la FAO a marqué cette journée avec le Gouvernement, l’apiculture est de plus en plus présentée comme une activité stratégique pour les jeunes, les femmes et les communautés vivant dans les zones arides et semi-arides. Elle permet de générer des revenus, de valoriser les produits de la ruche et de renforcer la résilience des ménages ruraux.
La protection des abeilles doit donc devenir une priorité agricole, environnementale et économique. Elle passe par des pratiques agricoles plus durables, la réduction des pesticides nocifs, la restauration des habitats naturels, la formation des apiculteurs et l’appui aux chaînes de valeur locales du miel.
Dans un continent confronté aux effets du changement climatique et à l’insécurité alimentaire, les abeilles rappellent une réalité simple : la santé des écosystèmes soutient directement la santé des populations. Protéger les pollinisateurs, c’est investir dans l’avenir de l’agriculture africaine.

