Le Cameroun prévoit la construction d’un abattoir industriel à Maroua, dans l’Extrême-Nord, grâce à un prêt d’environ 18,7 millions USD. Le projet vise à moderniser la filière bétail-viande, améliorer la qualité sanitaire de la viande et soutenir la sécurité alimentaire.
Dans l’Extrême-Nord, l’élevage occupe une place centrale dans l’économie locale. Pour de nombreuses familles, le bétail représente une source de revenus, d’épargne et de résilience. Mais la filière reste confrontée à des défis importants : conditions d’abattage insuffisantes, pertes post-abattage, conservation limitée, chaîne du froid fragile et accès parfois difficile aux marchés organisés.
Le 4 mai 2026, le président de la République, Paul Biya, a signé un décret autorisant le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire à contracter un prêt de 15,9 millions d’euros, soit environ 18,7 millions USD, auprès de Deutsche Bank Espagne. Ce financement est destiné à la construction d’un abattoir industriel à Maroua, chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord.
Cette infrastructure devrait permettre de mieux organiser l’abattage, renforcer l’inspection sanitaire, améliorer la conservation de la viande et créer des emplois autour de la transformation, du transport, de la chaîne du froid et de la commercialisation.

Le projet intervient dans un contexte de baisse de la production bovine nationale. Selon les chiffres rapportés, celle-ci serait passée de 94 300 tonnes en 2024 à moins de 69 000 tonnes en 2025, affectant à la fois les revenus des éleveurs, l’approvisionnement des marchés et la disponibilité de la viande pour les consommateurs.
Au-delà de l’infrastructure, ce projet s’inscrit dans les grandes orientations nationales. La SND30 fait de la transformation agro-industrielle et de la sécurité alimentaire des priorités. Le MINEPIA, à travers ses programmes de développement des productions et industries animales, vise également à renforcer la production locale, améliorer les chaînes de valeur et réduire la dépendance aux importations, en cohérence avec les stratégies nationales comme la SDSR/PNIA 2020–2030 et le plan d’import-substitution agropastoral et halieutique.
Pour produire tout son impact, l’abattoir devra toutefois être accompagné de services vétérinaires solides, d’un personnel formé, d’une chaîne du froid fonctionnelle, d’un accès fiable à l’eau et à l’énergie, d’un bon système de maintenance, d’une gestion appropriée des déchets et d’une meilleure traçabilité des animaux.
Dans une région où l’élevage structure la vie économique et sociale, l’abattoir industriel de Maroua pourrait devenir un outil stratégique pour valoriser le bétail local, protéger les consommateurs et renforcer les revenus des acteurs de la filière.
Moderniser l’abattage, c’est aussi moderniser la santé publique vétérinaire, soutenir les éleveurs et renforcer la sécurité alimentaire au Cameroun.

