La filière avicole occupe une place stratégique dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. En Guinée, la consommation de volailles et d’œufs est en forte croissance, mais la dépendance aux importations reste élevée. Cette situation fragilise l’économie nationale et expose les consommateurs aux fluctuations du marché international. La stratégie 2035 veut inverser cette tendance en renforçant la production locale, en modernisant les exploitations et en soutenant les petits producteurs. Elle s’inscrit dans une logique de souveraineté alimentaire et de valorisation des ressources nationales.
Le plan prevoit plusieurs axes majeurs: la création d’emplois pour les jeunes et les femes, la modernisation des infrastructures, et la mise en place de mécanismes financiers innovants pour faciliter l’accès au crédit. La réforme du FONDEL (Fonds national de développement de l’élevage) est au cœur de cette stratégie, afin de le rendre plus performant et adapté aux besoins des aviculteurs. En parallèle, un comité de suivi sera chargé d’évaluer les progrès et d’assurer une concertation permanente entre l’État, le secteur privé et les partenaires financiers. Ces mesures visent à professionnaliser la filière et à attirer davantage d’investissements.
Les services vétérinaires jouent un rôle clé dans la réussite de cette stratégie. La santé animale, la bio-sécurité et la qualité des produits avicoles dépendent directement de leur expertise. Les vétérinaires sont indispensables pour mettre en place des programmes de vaccination, surveiller les maladies, former les éleveurs et garantir des pratiques durables. Sans un encadrement vétérinaire solide, les risques sanitaires pourraient compromettre les objectifs fixés. La stratégie guinéenne reconnaît cette importance et prévoit un renforcement des capacités techniques et humaines dans le domaine vétérinaire.
À travers cette stratégie, la Guinée espère réduire ses importations, créer des milliers d’emplois et renforcer durablement sa sécurité alimentaire. Mais au-delà de ses frontières, ce plan peut servir de modèle pour d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis. L’aviculture, si elle est bien encadrée, peut devenir un levier puissant de croissance économique, de lutte contre la pauvreté et de résilience face aux crises alimentaires. En mettant en avant la collaboration entre l’État, les vétérinaires et les acteurs privés, la Guinée ouvre la voie à une nouvelle ère de développement avicole en Afrique.

