Une maladie virale majeure pour l’élevage africain
La peste des petits ruminants, couramment appelée PPR, est l’une des maladies animales transfrontalières les plus dévastatrices pour les élevages ovins et caprins. Très contagieuse, elle peut provoquer une forte morbidité, une mortalité importante et des pertes économiques considérables, particulièrement dans les systèmes pastoraux et agropastoraux.
La maladie ne se transmet pas à l’être humain. Son impact dépasse toutefois la seule santé animale : elle réduit la disponibilité de viande et de lait, fragilise les revenus des ménages ruraux, perturbe les échanges commerciaux et compromet la résilience des communautés face aux sécheresses et aux crises économiques.
La FAO estime que la PPR menace environ 80 % de la population mondiale de petits ruminants et que son éradication contribuerait à protéger les moyens d’existence de quelque 300 millions de familles rurales. La FAO et l’Organisation mondiale de la santé animale, OMSA, ont fixé l’objectif d’une éradication mondiale de la maladie à l’horizon 2030.

À retenir
- La PPR touche principalement les chèvres et les moutons.
- Elle n’est pas transmissible à l’être humain.
- Elle se propage surtout lors de contacts rapprochés entre animaux.
- Les signes dominants sont la fièvre, les écoulements oculaires et nasaux, les lésions buccales, la diarrhée et la pneumonie.
- Le diagnostic clinique doit être confirmé au laboratoire.
- Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique.
- Des vaccins efficaces sont disponibles.
- Toute suspicion doit être rapidement signalée aux Services vétérinaires.
Qu’est-ce que la peste des petits ruminants ?
La PPR est une maladie virale aiguë et hautement contagieuse. Elle est provoquée par le virus de la peste des petits ruminants, officiellement dénommé Small ruminant morbillivirus. Ce virus appartient à la famille des Paramyxoviridae et au genre Morbillivirus, qui comprend également les virus responsables de la rougeole, de la maladie de Carré et de l’ancienne peste bovine.
La maladie a été décrite pour la première fois en 1942 en Côte d’Ivoire. Depuis, elle s’est largement diffusée en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Elle figure sur la liste des maladies animales à notification obligatoire auprès de l’OMSA.
Le virus de la PPR ne possède qu’un seul sérotype. Cette caractéristique est favorable à l’éradication : un vaccin homologué et de qualité peut protéger contre les différentes lignées virales en circulation. L’absence d’un état de portage chronique connu constitue également un avantage important pour les programmes d’élimination.
Quels animaux sont touchés ?
Les chèvres et les moutons sont les principales espèces sensibles et les hôtes les plus importants dans la transmission du virus.
La gravité de la maladie peut varier selon :
- l’âge des animaux ;
- leur statut immunitaire ;
- leur état nutritionnel ;
- leur race ;
- la virulence de la souche ;
- la présence d’autres infections ;
- la qualité des soins et des conditions d’élevage.
Les jeunes animaux et les troupeaux n’ayant jamais été exposés au virus ou vaccinés peuvent développer des formes particulièrement sévères.
Des infections ont également été observées chez certains ruminants sauvages, ainsi que chez des dromadaires, des bovins et des buffles. Toutefois, les moutons et les chèvres domestiques demeurent les principaux acteurs épidémiologiques de la circulation du virus. La surveillance de l’interface entre faune sauvage et bétail reste néanmoins importante, notamment dans les zones de conservation, les couloirs de transhumance et les territoires où les animaux domestiques et sauvages partagent les mêmes ressources.
La PPR est-elle dangereuse pour l’être humain ?
Non. La PPR n’est pas une zoonose.
Aucun cas d’infection humaine par le virus de la PPR n’a été rapporté. La manipulation d’un animal suspect ne présente donc pas le même risque zoonotique que la rage, la brucellose ou la fièvre de la Vallée du Rift.
Des précautions restent néanmoins nécessaires. Un animal suspect peut être atteint simultanément d’une autre infection transmissible à l’être humain. Le port de gants, le lavage des mains, le nettoyage des équipements et le respect des règles de biosécurité demeurent donc indispensables.
La PPR relève par ailleurs d’une approche élargie de type One Health, non parce que son virus infecte directement l’être humain, mais parce que ses conséquences affectent la sécurité alimentaire, la nutrition, les revenus ruraux, les écosystèmes pastoraux et parfois la conservation de la faune sauvage.
Comment la PPR se transmet-elle ?
La transmission s’effectue principalement par contact direct et rapproché entre un animal infecté et un animal sensible.
Le virus est présent dans :
- les sécrétions nasales et oculaires ;
- la salive ;
- les gouttelettes respiratoires ;
- les matières fécales ;
- les autres sécrétions et excrétions produites pendant la phase clinique.
La voie respiratoire joue un rôle central. Les animaux peuvent s’infecter en inhalant des aérosols ou des gouttelettes contaminées lorsqu’ils vivent, voyagent, s’abreuvent ou sont commercialisés dans des espaces confinés ou très fréquentés.
La transmission indirecte par les véhicules, les vêtements, les mangeoires, les abreuvoirs ou le matériel contaminé reste possible. Elle est toutefois généralement moins importante que le contact direct, car le virus enveloppé de la PPR survit relativement peu de temps dans l’environnement extérieur.
Situations favorisant la diffusion du virus en Afrique
Le risque augmente notamment lors :
- de la transhumance et du nomadisme pastoral ;
- des déplacements transfrontaliers ;
- des rassemblements sur les marchés à bétail ;
- du mélange de troupeaux aux points d’eau ou sur les pâturages ;
- de l’introduction d’animaux sans quarantaine ;
- des mouvements commerciaux précédant les fêtes ;
- des campagnes de restockage après une sécheresse ou un conflit ;
- d’une vaccination incomplète ou mal coordonnée entre territoires voisins ;
- d’un retard dans la détection et la notification des foyers.
Les chaînes de transmission ne suivent donc pas toujours les limites administratives. Elles suivent surtout les mouvements d’animaux, les réseaux commerciaux, les parcours pastoraux et les relations entre troupeaux. C’est le fondement de l’approche dite des épisystèmes, qui consiste à cibler les populations animales interconnectées où le virus est le plus susceptible de persister ou de se réintroduire.
Quelle est la durée d’incubation ?
La période d’incubation clinique est généralement de quatre à six jours, mais elle peut varier approximativement de trois à dix jours.
Pendant cette période, l’animal paraît encore sain alors que l’infection est en cours. L’apparition des premiers signes est souvent brutale, surtout dans les troupeaux très sensibles.
Quels sont les symptômes de la PPR ?
La présentation classique associe des signes généraux, digestifs et respiratoires.
1. Fièvre et abattement
L’animal présente généralement :
- une fièvre élevée pouvant atteindre 40 à 41 °C ;
- un abattement marqué ;
- une perte d’appétit ;
- un isolement du reste du troupeau ;
- une diminution de la consommation d’eau ;
- un museau sec.
2. Écoulements des yeux et du nez
Les écoulements sont d’abord clairs et aqueux. Ils deviennent ensuite épais, jaunâtres ou purulents.
Les sécrétions peuvent :
- coller les paupières ;
- obstruer les narines ;
- former des croûtes autour du nez ;
- rendre la respiration plus difficile.
3. Lésions de la bouche
La muqueuse buccale devient rouge et douloureuse. Des érosions apparaissent ensuite sur :
- les gencives ;
- la face interne des lèvres ;
- les joues ;
- la langue ;
- le palais.
Ces lésions peuvent devenir nécrotiques. L’animal salive, grince parfois des dents et refuse de manger en raison de la douleur. Une haleine particulièrement forte ou fétide peut être observée.
4. Signes respiratoires
La PPR provoque fréquemment :
- de la toux ;
- une respiration rapide ;
- une respiration abdominale ;
- des bruits pulmonaires anormaux ;
- une pneumonie ;
- une détresse respiratoire dans les formes graves.
Le virus entraîne une immunodépression qui favorise les surinfections bactériennes, notamment les bronchopneumonies secondaires.
5. Diarrhée et déshydratation
Une diarrhée abondante apparaît souvent à un stade avancé. Elle peut être aqueuse, malodorante et parfois striée de sang.
Elle provoque rapidement :
- une déshydratation ;
- une faiblesse intense ;
- une perte de poids ;
- un affaissement de l’animal ;
- la mort dans les formes sévères.
Dans les foyers les plus graves, la morbidité peut approcher 100 %. La létalité varie selon la sensibilité du troupeau, la souche virale et les conditions d’élevage. Certaines infections restent cependant modérées ou subcliniques et peuvent ainsi échapper à la surveillance passive.
Quelles lésions peut-on observer à l’autopsie ?
L’autopsie doit être pratiquée par du personnel compétent, dans des conditions permettant d’éviter la diffusion du virus.
Les lésions les plus évocatrices comprennent :
- des érosions et ulcérations de la cavité buccale ;
- une inflammation ou des hémorragies de l’intestin ;
- une atteinte fréquente de la jonction iléo-cæcale ;
- une nécrose des plaques de Peyer ;
- des ganglions lymphatiques augmentés de volume ;
- une pneumonie interstitielle ou une bronchopneumonie ;
- des zones rouges longitudinales sur la muqueuse du côlon ou du rectum, parfois décrites comme des « stries zébrées ».
Ces stries intestinales peuvent orienter le diagnostic, mais elles ne sont ni constantes ni suffisantes pour confirmer la PPR.
Quelles maladies peuvent être confondues avec la PPR ?
La suspicion clinique doit être interprétée avec prudence, car plusieurs maladies provoquent des signes voisins.
Les principaux diagnostics différentiels comprennent :
- la pleuropneumonie contagieuse caprine ;
- la pasteurellose ou pneumonie bactérienne ;
- la fièvre aphteuse ;
- la fièvre catarrhale ovine ;
- la clavelée et la variole caprine ;
- l’ecthyma contagieux ;
- la coccidiose ;
- certaines salmonelloses ;
- les intoxications ou affections provoquant des lésions digestives ;
- d’autres maladies érosives ou vésiculeuses.
La PPR peut aussi coexister avec une pasteurellose, une variole caprine ou d’autres infections. La présence d’une pneumonie bactérienne ne permet donc pas d’exclure une infection initiale par le virus de la PPR.
Comment établir le diagnostic ?
Une suspicion fondée sur trois groupes d’informations
Le vétérinaire évalue :
- Les signes cliniques : fièvre, écoulements, lésions buccales, diarrhée et pneumonie.
- Les données épidémiologiques : introduction récente d’animaux, marché, transhumance, foyer voisin, défaut de vaccination.
- Les résultats de laboratoire : détection du virus, de son génome ou des anticorps.
Le diagnostic clinique reste provisoire. Une confirmation de laboratoire est indispensable, notamment pour distinguer la PPR des autres maladies respiratoires, digestives, érosives ou vésiculeuses.
Quels prélèvements réaliser ?
Les prélèvements doivent être effectués le plus tôt possible, idéalement pendant la phase aiguë.
| Situation | Prélèvements recommandés |
|---|---|
| Animal vivant | Écouvillons conjonctivaux, nasaux, buccaux ou rectaux |
| Phase précoce | Sang total sur anticoagulant, généralement EDTA |
| Sérologie | Sang sec ou sérum |
| Animal mort | Ganglions mésentériques ou bronchiques, poumon, rate et muqueuse intestinale |
| Histopathologie | Fragments d’organes placés dans du formol tamponné |
Les échantillons destinés à la détection du virus doivent être correctement identifiés, conservés au froid et rapidement acheminés vers un laboratoire compétent. Les prélèvements sur plusieurs animaux récemment malades augmentent les chances de confirmation.

Principaux examens de laboratoire
RT-PCR et RT-PCR en temps réel
Ces techniques détectent le matériel génétique du virus. La RT-PCR en temps réel est particulièrement utile pour confirmer rapidement une infection active.
ELISA de capture antigénique
L’immunocapture ELISA permet de rechercher les antigènes viraux dans les prélèvements cliniques.
Tests rapides
Des tests immunochromatographiques utilisables à proximité du terrain peuvent fournir une orientation rapide. Ils sont utiles dans les zones éloignées, mais leurs résultats doivent être interprétés dans le cadre du système national de diagnostic et, si nécessaire, confirmés par un laboratoire de référence.
ELISA compétitif et séroneutralisation
Ces tests détectent les anticorps dirigés contre le virus. Ils sont utilisés pour :
- les enquêtes sérologiques ;
- l’évaluation de l’exposition des populations ;
- le suivi des campagnes de vaccination ;
- la vérification de l’immunité postvaccinale.
L’interprétation d’un résultat sérologique positif doit tenir compte de l’historique vaccinal, de l’âge de l’animal et de la possibilité d’anticorps maternels.
Existe-t-il un traitement contre la PPR ?
Il n’existe aucun traitement antiviral spécifique capable d’éliminer le virus de la PPR.
Dans les contextes où les autorités autorisent le traitement des animaux malades, une prise en charge symptomatique peut être mise en place sous supervision vétérinaire. Elle peut comprendre :
- la réhydratation ;
- le soutien nutritionnel ;
- la protection contre les intempéries ;
- le nettoyage prudent des yeux, du nez et de la bouche ;
- la prise en charge de la douleur et de la fièvre ;
- le traitement des infections bactériennes secondaires lorsqu’il est justifié.
Les antibiotiques n’agissent pas contre le virus. Ils ne doivent être employés que pour traiter une complication bactérienne probable ou confirmée, conformément à la réglementation nationale et aux principes d’utilisation responsable des antimicrobiens.
Dans un programme d’éradication, la décision de traiter, d’isoler, de vacciner autour du foyer ou de procéder à un abattage sanitaire dépend du statut épidémiologique du pays et des instructions de l’autorité vétérinaire.
Que faire en cas de suspicion ?
Un éleveur, un commerçant ou un agent de santé animale qui observe plusieurs cas compatibles avec la PPR doit immédiatement :
- Isoler les animaux malades, sans les conduire vers un autre village ou marché.
- Suspendre les mouvements d’animaux entrant ou sortant du troupeau.
- Éviter le partage de matériel, de mangeoires ou d’abreuvoirs avec d’autres troupeaux.
- Informer rapidement le vétérinaire ou les Services vétérinaires.
- Ne pas vendre, abattre clandestinement ou déplacer les animaux suspects.
- Ne pas jeter les carcasses dans la nature ou dans les cours d’eau.
- Conserver les informations utiles : origine des animaux, achats récents, marchés visités et contacts avec d’autres troupeaux.
La réponse officielle peut ensuite inclure :
- l’investigation du foyer ;
- le recensement des animaux ;
- les prélèvements ;
- le traçage des mouvements en amont et en aval ;
- la délimitation des zones à risque ;
- le contrôle temporaire des déplacements ;
- la désinfection ;
- la vaccination d’urgence ou ciblée ;
- la surveillance des troupeaux voisins ;
- la notification nationale et internationale.
La vaccination est-elle efficace ?
Oui. La vaccination constitue l’un des principaux outils de contrôle et d’éradication de la PPR.
Les vaccins conventionnels sont des vaccins vivants atténués. Les souches vaccinales les plus utilisées ont démontré une protection contre les différentes lignées du virus. Une dose correctement administrée d’un vaccin de qualité peut induire une protection très longue, considérée par la FAO et l’OMSA comme pouvant durer toute la vie économique de l’animal.
Les conditions d’une vaccination réussie
L’injection du vaccin ne suffit pas à garantir le succès d’une campagne. Il faut également :
- utiliser un vaccin homologué et soumis à un contrôle de qualité ;
- respecter la chaîne du froid ;
- reconstituer correctement le vaccin ;
- utiliser le produit dans le délai recommandé après reconstitution ;
- vacciner uniquement les espèces et catégories prévues ;
- former et superviser les équipes ;
- identifier les zones et populations ciblées ;
- enregistrer les animaux ou troupeaux vaccinés ;
- atteindre une couverture élevée ;
- évaluer l’immunité après la campagne ;
- suivre les jeunes animaux entrant chaque année dans la population sensible.
L’âge de vaccination doit respecter la notice du vaccin et les directives nationales. Dans de nombreux programmes, les jeunes sont vaccinés après la diminution des anticorps maternels, généralement à partir d’environ trois à quatre mois. Les anticorps maternels peuvent cependant persister plus longtemps chez certains animaux et doivent être pris en compte dans la planification et l’interprétation des enquêtes sérologiques.
Pourquoi les campagnes échouent-elles parfois ?
Les causes fréquentes comprennent :
- une couverture trop faible ;
- l’exclusion de troupeaux mobiles ou éloignés ;
- une rupture de la chaîne du froid ;
- l’utilisation d’un vaccin de qualité insuffisante ;
- une mauvaise estimation de la population animale ;
- l’absence de vaccination des jeunes cohortes ;
- un manque de coordination entre territoires voisins ;
- des mouvements d’animaux non contrôlés ;
- l’absence d’évaluation postvaccinale ;
- une communication insuffisante avec les éleveurs.
Une couverture administrative déclarée ne garantit pas à elle seule l’immunité collective. Elle doit être vérifiée au moyen d’enquêtes de couverture, de données de terrain et, lorsque cela est pertinent, d’une évaluation sérologique postvaccinale.
Comment prévenir la maladie dans un élevage ?
Avant l’introduction de nouveaux animaux
- Acheter les animaux auprès de sources connues.
- Vérifier leur historique sanitaire et vaccinal.
- Éviter d’acheter un animal présentant un écoulement nasal, une diarrhée, une toux ou des lésions buccales.
- Placer les nouveaux arrivants en quarantaine.
- Les faire examiner et vacciner selon les recommandations vétérinaires.
Dans le troupeau
- Séparer rapidement les animaux malades.
- Nettoyer régulièrement les mangeoires et abreuvoirs.
- Éviter les mélanges incontrôlés avec d’autres troupeaux.
- Tenir un registre des entrées, sorties, mortalités et vaccinations.
- Informer les employés et les membres de la famille sur les signes d’alerte.
- Faire vacciner les animaux selon le programme officiel.
Pendant la transhumance et la commercialisation
- Respecter les certificats et contrôles sanitaires.
- Éviter les marchés où une mortalité inhabituelle a été signalée.
- Limiter le contact avec des troupeaux de statut sanitaire inconnu.
- Signaler immédiatement les animaux malades rencontrés sur les parcours.
- Renforcer la coordination entre les Services vétérinaires des zones de départ, de transit et de destination.
Peut-on éradiquer la PPR d’ici 2030 ?
La PPR possède plusieurs caractéristiques favorables à l’éradication :
- un seul sérotype viral ;
- l’absence de portage chronique connu ;
- des tests diagnostiques efficaces ;
- un vaccin performant ;
- une phase infectieuse relativement courte ;
- une survie limitée du virus hors de l’hôte.
La stratégie mondiale FAO-OMSA repose sur une progression en quatre étapes : évaluation de la situation, contrôle incluant la vaccination, éradication, puis démonstration de l’absence de circulation virale. À la dernière étape, la vaccination est suspendue et le pays doit apporter les preuves nécessaires pour demander la reconnaissance officielle de son statut indemne.
En Afrique, le Programme panafricain d’éradication de la PPR et de contrôle des autres maladies prioritaires des petits ruminants mobilise notamment la Commission de l’Union africaine, l’AU-IBAR, l’AU-PANVAC, la FAO, l’OMSA, les Communautés économiques régionales et les États membres. Le programme vise à renforcer la vaccination, la surveillance, les laboratoires, la coordination transfrontalière et les Services vétérinaires.
L’éradication ne pourra toutefois pas reposer uniquement sur l’achat de vaccins. Elle exige :
- des stratégies nationales financées ;
- des vaccins de qualité disponibles en quantité suffisante ;
- une surveillance sensible et fondée sur les risques ;
- des laboratoires capables de confirmer rapidement les suspicions ;
- des systèmes fiables de collecte et de partage des données ;
- une coordination régionale des campagnes ;
- une meilleure connaissance des mouvements d’animaux ;
- l’implication des éleveurs, commerçants et vétérinaires privés ;
- une attention particulière aux zones fragiles, pastorales et transfrontalières.
Une maladie animale aux conséquences humaines majeures
La peste des petits ruminants ne se transmet pas à l’être humain, mais elle peut détruire en quelques jours le capital animal patiemment constitué par une famille.
Pour de nombreux ménages africains, quelques chèvres ou moutons représentent une source de lait, de viande, de revenus, d’épargne et de sécurité en période de crise. Prévenir la PPR revient donc à protéger les animaux, mais aussi la nutrition, les économies rurales et la résilience des communautés.
Son éradication est techniquement possible. Elle dépendra désormais de la capacité des pays à transformer les stratégies en actions coordonnées : détecter plus tôt, notifier plus rapidement, vacciner les populations réellement à risque, contrôler la qualité des interventions et agir au-delà des frontières administratives.
Sources techniques principales : Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres de l’OMSA, Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OMSA, Programme mondial d’éradication de la PPR de la FAO et de l’OMSA, et Programme panafricain d’éradication de la PPR.

