Le bassin du lac Tchad fait face à une urgence climatique sans précédent, où la pression sur les ressources naturelles et les mobilités pastorales croissantes imposent une nouvelle approche de la gestion des terres. Le projet PASCO (Projet régional d’appui au pastoralisme et à la commercialisation du bétail), soutenu par l’Agence Française de Développement, se positionne comme un bouclier stratégique pour la résilience des communautés. Comme l’a souligné le Dr Taïga, Ministre de l’Élevage au Cameroun lors de la session de Yaoundé : « Le gouvernement du Cameroun est très attentif à toutes les initiatives visant à améliorer la sécurité alimentaire et à promouvoir une gestion durable des ressources naturelles. » Cette initiative ne se limite pas à une simple aide, mais vise à moderniser les chaînes de valeur face aux chocs environnementaux.
Au-delà de l’aspect environnemental, le pastoralisme est le poumon économique de l’Afrique Centrale, faisant vivre plus de 30 millions de personnes. Avec un cheptel estimé à 50 millions de têtes, l’élevage représente jusqu’à 20 % du PIB agricole dans certains pays et constitue, comme au Tchad, la principale source de devises après le pétrole. L’enjeu de la sécurité alimentaire est donc intrinsèquement lié à la réussite commerciale de ce secteur. En incluant les populations vulnérables, les femmes et les jeunes, le PASCO transforme une activité traditionnelle en un levier de croissance inclusive, capable de stabiliser les systèmes alimentaires dans une zone souvent marquée par l’insécurité.
Le succès du pastoralisme repose sur la mobilité, et le projet PASCO œuvre pour une intégration régionale renforcée entre le Cameroun, le Nigéria et le Tchad. En facilitant la libre circulation du bétail et en harmonisant les politiques commerciales, le projet crée une dynamique de coopération indispensable. Selon le Dr Mahamat Abderrahim Toko, cette collaboration est une véritable « aubaine pour le secteur de l’élevage et du commerce en zone CEMAC ». En renforçant les liens entre ces nations, le pastoralisme devient un catalyseur de paix et de stabilité sociale, prouvant que la gestion partagée des ressources est la clé d’un avenir prospère pour l’Afrique centrale.
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