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Gabon : quand la statistique devient un outil de terrain pour l’agriculture et la santé animale (projet HISWACA)

Libreville, vendredi 23 janvier 2026. Dans une salle de réunion, loin des pâturages et des marchés à bétail, se joue pourtant une partie décisive pour l’agriculture et l’élevage : la qualité des chiffres. C’est avec cet enjeu en toile de fond que le Comité de pilotage du projet HISWACA s’est réuni, avec une participation active du ministre Pacôme Kossy, aux côtés des administrations concernées.

La session était présidée par Louise Pierrette Mvono, dans un esprit de coordination et de redevabilité : faire le point sur l’avancement du projet, consolider l’appropriation interinstitutionnelle et, surtout, s’accorder sur la suite.

Des chiffres “propres” pour des décisions plus justes

On parle souvent d’investissements, de subventions, de campagnes agricoles… mais derrière chaque politique publique efficace, il y a une question simple : sur quoi se base-t-on pour décider ?
HISWACA répond précisément à ce défi : renforcer la fiabilité, la comparabilité et l’usage des statistiques officielles afin que la planification ne soit plus une intuition, mais une démarche pilotée par des données robustes.

Pour le Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, le projet est présenté comme un levier stratégique : il doit permettre de conduire des enquêtes sectorielles plus approfondies et de renforcer les compétences techniques nécessaires pour orienter les politiques agricoles.

Le regard AfricaVET : pourquoi c’est aussi une question de santé animale

Dans les filières animales, la donnée n’est pas un luxe — c’est un instrument de prévention.

  • Anticiper plutôt que subir : mieux connaître les effectifs, les mouvements et les zones de production aide à organiser la surveillance et à repérer plus tôt des signaux inhabituels (mortalités, baisse de productivité, ruptures d’approvisionnement).
  • Cibler les actions : sans chiffres fiables, on vaccine “large” ou “au hasard”. Avec de bonnes données, on peut mieux prioriser les zones, dimensionner la logistique, réduire les pertes et améliorer la couverture.
  • Protéger l’économie des éleveurs : une statistique solide permet d’évaluer l’impact réel d’une maladie ou d’une mesure (restrictions de mouvements, fermeture de marchés, pertes de production) et d’ajuster les filets de sécurité.
  • Renforcer l’approche One Health : des données cohérentes facilitent le dialogue entre agriculture, santé, environnement, et rendent plus crédibles les arbitrages budgétaires.

En clair : mieux compter, c’est souvent mieux protéger.

Ce qui a été acté : PTBA 2026 adopté

Au terme des échanges, les travaux se sont conclus par un signal concret : l’adoption du Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) 2026. Une étape qui engage l’action et pose un cadre opérationnel : quels outils déployer, quelles formations conduire, quelles enquêtes prioriser, et comment renforcer la coordination pour que les acquis ne s’arrêtent pas à la durée du projet.

Et maintenant ?

Le défi n’est pas seulement technique. Il est aussi institutionnel : garantir que les outils de collecte et les méthodes harmonisées soient réellement utilisés, partagés et maintenus dans le temps — au-delà des réunions et des calendriers.

Parce qu’au final, sur le terrain, ce ne sont pas des tableaux qui souffrent : ce sont des ménages qui perdent des animaux, des revenus, et parfois leur sécurité alimentaire. Et c’est précisément là que la statistique, bien faite, devient une politique publique plus humaine.

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Simon Yaya