Au Burkina Faso, l’élevage est un pilier de l’économie nationale. Pourtant, la résistance aux antibiotiques représente une menace silencieuse qui fragilise ce secteur vital. Ce qui devrait protéger les animaux devient, par ignorance ou négligence, un danger pour la santé publique.
Dans les fermes, on retrouve couramment des antibiotiques comme les tétracyclines, notamment l’oxytétracycline vendue sous différentes concentrations (5 %, 10 % ou 20 %), mais aussi des pénicillines, des sulfamides et des macrolides. À côté de ces produits vétérinaires, circulent sur les marchés des médicaments de rue comme le « Tupay », présenté sous forme de gélules jaune et rouge, dont la composition reste incertaine. Mal employés, parfois même contre des micro-organismes sur lesquels ils n’ont aucun effet, ces traitements perdent leur raison d’être. L’usage abusif ne se contente pas d’affaiblir le cheptel ; il transforme les fermes en laboratoires où émergent des “super-bugs” capables de résister aux traitements les plus puissants.
Ces bactéries résistantes ne restent pas confinées aux élevages. Elles se transmettent à l’homme par la consommation de viande, de lait ou d’œufs contaminés, mais aussi par l’environnement. Les conséquences sont graves : des infections autrefois bénignes deviennent difficiles à traiter, car les traitements classiques perdent leur efficacité. La résistance aux antimicrobiens (RAM) est ainsi une bombe à retardement pour la santé publique, mettant en péril des vies humaines et fragilisant la sécurité alimentaire.

Pour inverser cette tendance, des alternatives existent et doivent être mise en avant :
- La vaccination permet de prévenir les maladies sans recourir aux antibiotiques.
- La biosécurité, en garantissant des élevages propres et contrôlés, limite la propagation des germes.
- Enfin, de bonnes pratiques d’élevage : alimentation équilibrée, suivi vétérinaire, habitat sain renforcent naturellement la santé des animaux.
L’avenir repose sur une collaboration étroite entre autorités et éleveurs afin de promouvoir un usage responsable des antibiotiques et protéger durablement la santé publique.

