La santé n’est pas une île. En lançant sa nouvelle stratégie sur la santé de la faune sauvage, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) marque un tournant décisif vers une vision globale de la santé de la faune sauvage. Avec le changement climatique et l’urbanisation galopante, nos écosystèmes sont sous pression. Les interactions entre la faune sauvage, les animaux domestiques et les populations humaines se multiplient, créant des passerelles où les maladies peuvent circuler plus facilement. Cette stratégie nous donne enfin les outils pour anticiper plutôt que de simplement subir les crises.
Le cœur de cette transformation repose sur des systèmes comme WildEpi, capables de partager en temps réel des alertes sur les mortalités anormales dans la nature. Cela permet de détecter une menace bien avant qu’elle n’atteigne nos villages ou ne frappe nos filières agricoles. En renforçant la surveillance intégrée, nous ne faisons pas seulement de la conservation ; nous construisons un véritable bouclier sanitaire pour nos communautés, particulièrement pour les populations rurales dont la subsistance dépend directement de la santé de leurs terres.
Pour nous, acteurs de la santé animale et de l’approche Une Seule Santé sur le continent, l’enjeu est désormais de transformer cette ambition internationale en actions concrètes au sein de nos pays. Cela exige une collaboration inédite entre vétérinaires, services forestiers, autorités environnementales et santé publique. Nous ne pouvons plus travailler chacun dans notre coin. Cette stratégie est une invitation à décloisonner nos savoirs pour bâtir une résilience commune à travers l’Afrique.
En protégeant la santé de la faune sauvage, c’est notre sécurité alimentaire, notre économie et notre santé publique que nous préservons collectivement.

