La marche vers la souveraineté maritime s’accélère grâce à des décisions étatiques fortes. Le Gabon a récemment fait la une en annonçant la fin de son accord de pêche avec l’Union européenne, une rupture destinée à mettre fin à un partenariat jugé déséquilibré. En se retirant, le pays affirme sa volonté de privilégier la transformation locale et la valeur économique nationale plutôt que l’extraction brute par des flottes étrangères.
Cette posture souveraine est renforcée par un engagement collectif lors de la 11e conférence Our Ocean à Mombasa ou quinze nations africaines ont adopté la Déclaration de Mombasa. Ce texte engage les signataires à moderniser les registres de navires et à partager les données de licences, afin de mettre fin aux zones d’ombre où prospère la pêche INN (illégale, non déclarée et non réglementée).
La synergie entre la sortie souveraine du Gabon et l’engagement de Mombasa démontre que la souveraineté sans transparence reste une vulnérabilité. Dans le cadre de l’approche Une Seule Sante, la protection des océans est directement liée à la sécurité alimentaire et à la santé publique. Les navires illégaux ne se contentent pas d’épuiser les stocks halieutiques ; ils alimentent des chaînes parallèles qui échappent aux normes sanitaires. La transparence maritime devient ainsi l’équivalent aquatique de la surveillance épidémiologique terrestre indispensable pour la santé et les mouvements de nos ressources marines.
La décision du Gabon de reprendre le contrôle de ses eaux marque un tournant dans la reconquête de l’Économie Bleue africaine. Mais le véritable test réside dans l’application des standards de transparence signés à Mombasa. Pour garantir une gestion durable des ressources marines, l’intégrité des données doit être traitée avec la même urgence que la réforme politique. En intégrant la transparence maritime à des réseaux régionaux robustes de surveillance.

