Aujourd’hui, les maladies animales transfrontalières représentent une menace immédiate pour la sécurité alimentaire et l’économie de millions de familles en Afrique. Lors de la 93ème Session générale de l‘Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), la voix de l’Afrique a résonné avec force pour rappeler que la santé animale dépasse le simple cadre vétérinaire : c’est un pilier stratégique pour le développement du continent. Face à des fléaux qui ignorent les frontières, les ministres africains ont fermement insisté sur l’urgence d’une coopération régionale accrue, car « les maladies ne reconnaissent pas les frontières », et seule une action collective permettra de protéger le commerce et les moyens de subsistance.
Pour transformer cette vision en réalité, l’Afrique donne la priorité au renforcement de ses infrastructures de base à travers des investissements massifs dans les services vétérinaires, les laboratoires nationaux et les systèmes de surveillance épidémiologique. Cette modernisation structurelle nécessite des modèles de financement innovants et durables, basés sur le co-investissement public-privé et des décisions guidées par des données scientifiques concrètes. Un exemple concret de cette ambition est la stratégie d’élimination de la rage, érigée en initiative phare, qui démontre la volonté du continent de s’attaquer de front aux zoonoses pour sécuriser à la fois la santé humaine et animale.
Portée par le leadership de l’AU-IBAR (Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine), l’Afrique s’impose désormais comme un acteur proactif et incontournable de la gouvernance sanitaire mondiale. En unissant ses forces, le continent ne se contente plus de subir les crises, mais façonne activement les politiques de demain. Investir dans la santé animale, c’est bâtir une Afrique résiliente, stimuler le commerce intra-africain et faire de l’approche “Une seule santé” le moteur d’un avenir prospère et durable.

