Pour de nombreux vétérinaires africains, le Bachelor of Veterinary Medicine (BVM) est souvent considéré comme l’aboutissement permettant d’accéder à la pratique clinique ou dans la fonction publique. Pourtant, la trajectoire du Dr Mercy Akinyi, diplômée de l’Université de Nairobi devenue chef de groupe de recherche à la Société Max Planck, rappelle avec force que nos diplômes locaux sont des fondations de classe mondiale pour un leadership global. Le parcours de Mercy démontre que les compétences cliniques affiner dans les amphithéâtres de Kabete et d’autre institutions régionales similaires sont exactement ce dont le monde a besoin pour combler le fossé entre la santé animale et la préparation aux pandémies humaines. Elle n’est plus seulement un médecin traitant des animaux ; elle est une championne du mouvement « One Health ».
Le brio des travaux du Dr Akinyi dans la région du fleuve Tana réside dans sa capacité à agir en tant que « médiatrice culturelle », traduisant une science de laboratoire rigoureuse en solutions concrètes au niveau communautaire. Alors que ses recherches suivent le mouvement des agents pathogènes et des bactéries résistantes aux antibiotiques entre les babouins, le bétail et les humains, elle a compris que les données seules ne peuvent changer les comportements. Les observations de Mercy sur les tabous locaux en matière d’assainissement (tels que les restrictions culturelles sur le partage des latrines avec la belle-famille) soulignent une leçon cruciale pour le professionnel dans l’approche Une seule santé: l’excellence scientifique en Afrique exige un mélange de rigueur sur le terrain et d’empathie socioculturelle profonde. Elle a prouvé que construire une latrine est un exercice futile si l’on ne comprend pas d’abord les personnes censées l’utiliser. Pour le vétérinaire africain, cela signifie que notre rôle s’étend au-delà de la théorie ; nous devons être les médiateurs qui intègrent la sagesse traditionnelle à l’épidémiologie moderne.
L’histoire du Dr Akinyi est un appel à l’action pour chaque vétérinaire du continent afin qu’il s’approprie le récit du « One Health ». Alors que les inquiétudes mondiales concernant la résistance aux antimicrobiens (RAM) et les virus émergents grandissent, les solutions ne viendront pas de laboratoires lointains, mais de chercheurs qui sont à l’aise aussi bien en brousse que dans un centre de biotechnologie. Le travail de Mercy prouve que nous sommes les mieux placés pour contrer ces menaces directement chez nous. Son succès nous met au défi de regarder nos qualifications locales avec un œil neuf comme la boîte à outils essentielle requise pour être à l’avant-garde d’une recherche qui protège non seulement la santé de notre bétail et de notre faune, mais aussi l’avenir de la santé publique.

