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Sénégal : une hausse budgétaire de 38 % annoncée pour l’agriculture en 2026, au cœur de l’ambition de souveraineté alimentaire

Au Sénégal, l’agriculture s’impose plus que jamais comme un levier stratégique de développement économique et social. Contribuant à environ 15 % du PIB et employant près de 22 % de la population active, le secteur bénéficiera en 2026 d’un renforcement budgétaire significatif, dans un contexte marqué par la quête de souveraineté alimentaire et la réduction de la dépendance aux importations.

427 milliards FCFA pour l’agriculture en 2026

Selon un communiqué publié le 19 novembre 2025 par le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, le gouvernement prévoit d’autoriser des engagements de dépenses publiques de 427 milliards FCFA, soit environ 750,7 millions de dollars, au profit du secteur agricole dans le cadre du Projet de loi de finances (PLF) 2026.

Cette enveloppe marque une hausse de 37,88 % par rapport aux crédits inscrits dans le PLF 2025. D’après le ministère, cette progression s’explique principalement par les prévisions de signature de nouvelles conventions de financement de projets et programmes agricoles, en particulier sur ressources externes.

Une ambition réaffirmée : faire du Sénégal une puissance agricole

Dans le PLF 2026, publié le 16 octobre 2025, l’exécutif sénégalais a réaffirmé sa volonté de faire du pays une puissance agricole capable d’assurer sa souveraineté alimentaire. Cette ambition repose sur trois piliers structurants :

  1. L’augmentation durable de la production agricole,
  2. Le renforcement de l’innovation, notamment à travers la recherche et la diffusion de technologies adaptées,
  3. L’amélioration de la gouvernance du secteur, afin d’optimiser l’efficacité des investissements publics et privés.

Des mesures concrètes pour transformer le secteur

Pour traduire ces orientations en actions, le gouvernement prévoit la mise en œuvre d’un ensemble de mesures structurantes. Parmi elles figurent :

  • la création de Coopératives agricoles communautaires (CAC), destinées à renforcer l’organisation des producteurs et l’accès aux intrants et aux marchés ;
  • la poursuite et l’amplification des opérations de maîtrise de l’eau, afin de sécuriser l’irrigation et réduire la vulnérabilité climatique ;
  • le renforcement des infrastructures de stockage, de conservation et de transformation des produits agricoles et animaux, afin de limiter les pertes post-récolte et d’accroître la valeur ajoutée locale ;
  • le développement de la mécanisation agricole, avec la mise en place de services dédiés à l’échelle nationale.

Sur ce dernier volet, le ministère a annoncé en août 2025 un projet de construction d’une usine d’assemblage de tracteurs et d’équipements agricoles, dans le cadre d’un partenariat avec le groupe industriel turc Albayrak, appuyé par d’autres partenaires techniques et financiers.

Réduire la dépendance alimentaire, un enjeu majeur

L’un des objectifs centraux de la stratégie de souveraineté alimentaire est de réduire la dépendance du Sénégal aux importations de denrées alimentaires. Cet enjeu est d’autant plus crucial que, selon un rapport intitulé « The State of Commodity Dependence 2025 », publié en juillet 2025 par la CNUCED, le pays a importé en moyenne 1,88 milliard de dollars par an de produits alimentaires entre 2021 et 2023.

Cette facture élevée pèse sur la balance commerciale et expose l’économie aux chocs externes, notamment à la volatilité des prix internationaux et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement.

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La hausse budgétaire annoncée pour 2026 traduit un signal politique fort en faveur de l’agriculture sénégalaise. Toutefois, au-delà des montants, l’enjeu résidera dans la qualité de l’exécution, la cohérence des investissements et leur articulation avec les filières animales, essentielles pour la nutrition, l’emploi rural et la résilience des systèmes agroalimentaires.

Dans un contexte ouest-africain marqué par la pression démographique, le changement climatique et l’insécurité alimentaire, le pari du Sénégal d’investir massivement dans son agriculture pourrait constituer un modèle régional, à condition de traduire ces ambitions budgétaires en résultats mesurables sur la production, les revenus des producteurs et la réduction des importations.

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Malick Kane