
Le Maroc, première puissance halieutique d’Afrique, poursuit la modernisation de ses infrastructures de pêche avec l’appui renouvelé du Japon. Le mardi 23 décembre 2025, l’ambassade du Japon à Rabat a annoncé l’octroi d’une donation additionnelle de 30,4 millions de dirhams, soit environ 3,3 millions de dollars, destinée à renforcer un projet stratégique dans la province de Safi.
Un appui diplomatique et financier ciblé
L’annonce a été formalisée par la signature d’un accord entre Onishi Yohei, vice-ministre parlementaire japonais du ministère des Affaires étrangères, et Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime auprès du ministre marocain de l’Agriculture.
Ce financement s’inscrit dans le cadre de la coopération financière non remboursable du gouvernement japonais, mise en œuvre par l’Agence japonaise de coopération internationale.
La nouvelle enveloppe est destinée au projet de développement d’un port de pêche de nouvelle génération à Souiria K’dima, localité relevant de la province de Safi, sur la façade atlantique du pays.
Un investissement global porté à 17,2 millions $
Avec ce don supplémentaire, l’appui financier japonais atteint désormais 157 millions de dirhams, soit environ 17,2 millions de dollars. En février 2025, Rabat et Tokyo avaient déjà conclu un premier accord de don de 133 millions de dirhams pour le lancement du même projet.
Selon la presse marocaine, cette rallonge budgétaire vise à assurer la réalisation complète de l’ensemble des composantes prévues, conformément aux objectifs initiaux, et à garantir une mise en œuvre intégrale et durable de l’infrastructure portuaire.
Un port “nouvelle génération” au cœur de la stratégie halieutique
Le futur port de pêche de Souiria K’dima a pour ambition de renforcer la capacité et la fonctionnalité des installations de débarquement du poisson, en particulier pour la pêche artisanale et côtière.
D’après les informations communiquées par la JICA, le projet sera mis en œuvre sur une période de 43 mois et comprend notamment :
- la construction d’un nouveau brise-lames et d’une nouvelle digue,
- l’aménagement d’un nouveau quai de débarquement,
- la création d’une zone moderne de manutention du poisson,
- ainsi que l’extension du brise-lames existant.
Ces infrastructures visent à améliorer la sécurité des opérations maritimes, la qualité sanitaire des produits débarqués et la fluidité des chaînes logistiques, tout en réduisant les pertes post-capture.
Le secteur halieutique marocain en chiffres
L’investissement intervient dans un contexte de dynamique soutenue du secteur halieutique marocain, pilier de la sécurité alimentaire et de l’économie côtière nationale.
Selon les données de l’Office national de la pêche :
- le Maroc a capturé et commercialisé 1,33 million de tonnes de produits halieutiques en 2024,
- ce volume représente une hausse de 6 % par rapport à l’année précédente,
- la quasi-totalité de l’offre nationale provient encore de la pêche maritime, la contribution de l’aquaculture restant marginale.
Dans ce paysage, le port de Safi occupe une place stratégique. En 2024, il a commercialisé 51 113 tonnes de produits halieutiques issus de la pêche côtière et artisanale, ce qui en fait le troisième port de pêche du pays, derrière Sidi Ifni et Tan-Tan.
Safi, levier de développement territorial
Au-delà des volumes, le projet de Souiria K’dima est perçu comme un levier de développement local. En modernisant les infrastructures portuaires, les autorités marocaines entendent :
- améliorer les conditions de travail des pêcheurs,
- renforcer la valeur ajoutée locale par une meilleure manutention et conservation du poisson,
- et soutenir l’emploi et les activités économiques connexes dans la province de Safi.
Lecture AfricaVET
L’appui renforcé du Japon au port de pêche de Souiria K’dima illustre une tendance de fond observée dans plusieurs pays africains côtiers : la modernisation des infrastructures halieutiques devient un préalable à la durabilité des ressources, à la sécurité sanitaire des produits et à la compétitivité des filières.
Pour le Maroc, déjà leader continental, l’enjeu n’est plus seulement de produire davantage, mais de mieux valoriser, sécuriser et structurer ses chaînes de valeur halieutiques. Le partenariat avec le Japon, à travers la JICA, s’inscrit ainsi dans une logique de montée en gamme et de résilience à long terme du secteur.

