Ottawa a franchi une étape majeure dans l’innovation porcine. Le 23 janvier 2026, Santé Canada et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA/CFIA) ont annoncé avoir achevé leurs évaluations de sécurité concernant des porcs résistants au virus du syndrome dysgénésique et respiratoire porcin (SDRP/PRRSV), à la suite de demandes déposées par Genus PLC et PIC Canada Ltd.
Ce qui a été autorisé — et par qui
- Pour l’alimentation humaine : Santé Canada conclut que les aliments issus de ces porcs sont aussi sûrs et nutritifs que le porc actuellement commercialisé au Canada.
- Pour l’alimentation animale (feed) : l’ACIA confirme que ces porcs sont sûrs et efficaces pour la fabrication d’aliments destinés au bétail.
- Volet environnement/“New Substances” : le communiqué rappelle qu’en décembre 2025, le programme “New Substances” (ECCC + Santé Canada) a jugé que les risques environnementaux et de santé humaine liés à une exposition indirecte seraient comparables à ceux des porcs déjà présents sur le marché.
Une résistance obtenue par édition du génome (CRISPR) : ce que dit la science réglementaire
Selon Santé Canada, la technologie repose sur la suppression précise d’une petite portion d’un gène porcin impliqué dans l’infection, rendant l’animal résistant au PRRSV, sans différence notable par ailleurs sur la valeur nutritionnelle ou le profil allergénique.
Côté ACIA, le document de décision décrit une édition CRISPR-Cas9 associée à une délétion partielle du gène CD163 (cible clé de l’entrée virale), et conclut à l’absence de préoccupations pour la sécurité et la nutrition des aliments pour animaux dérivés de ces porcs.
Pourquoi le SDRP (PRRS) est un “gros morceau” pour la filière porcine
Le PRRS est une maladie virale majeure du porc, associée à des troubles de reproduction et des atteintes respiratoires, avec une forte variabilité selon les souches.
Le communiqué canadien rappelle qu’il n’existe pas de traitement pleinement efficace et que la vaccination n’est que partiellement efficace.
La WOAH précise aussi qu’il n’y a pas de preuve d’infection humaine par le virus PRRS.
Commercialisation : autorisé, mais pas encore “sur les étals”
Point important : l’autorisation réglementaire ne signifie pas mise sur le marché immédiate. Genus indique qu’il n’envisage pas de vendre ces porcs au Canada avant d’obtenir d’autres autorisations dans des marchés jugés stratégiques, tout en annonçant une démarche de transparence auprès du public au moment de l’entrée sur le marché.
Étiquetage : entre règle actuelle et débat sociétal
Le Canada rappelle que l’étiquetage est requis en cas de risque sanitaire établi ou de changement significatif des qualités nutritionnelles. Puisque Santé Canada n’a identifié aucune préoccupation, aucun étiquetage spécifique n’est exigé pour les aliments issus de ces porcs.
En parallèle, le gouvernement travaille avec le Canadian General Standards Board sur un examen public de la norme nationale d’étiquetage et de publicité des aliments “issus ou non du génie génétique”.

