Le secteur de l’élevage au Maroc traverse une crise sans précédent, marquée par une chute de 38 % du cheptel depuis 2016. Cette érosion résulte de sécheresses prolongées et de la flambée des coûts des aliments de bétail. Pour y faire face, le Maroc a signé un protocole d’accord avec la Pologne, visant à renforcer l’expertise vétérinaire, stabiliser les effectifs de bovins et d’ovins, et sécuriser l’approvisionnement en viande rouge, devenu de plus en plus instable.
Au cœur de cet accord se trouve un volet technique rigoureux axé sur la santé animale et la sécurité sanitaire. La collaboration entre les services vétérinaires marocains et polonais prévoit un renforcement des protocoles de surveillance épidémiologique et une harmonisation des standards sanitaires pour l’importation d’animaux vivants. Pour les professionnels de la santé animale, ce MoU est une avancée majeure : il facilite le transfert de technologies en matière de diagnostic rapide des maladies transfrontalières et améliore la traçabilité des produits d’origine animale. En garantissant une hygiène irréprochable et un contrôle strict des risques zoonotiques, le Maroc s’assure que le repeuplement de son troupeau se fasse sur des bases génétiques et sanitaires robustes, capables de résister aux pressions environnementales.
Au-delà des frontières marocaines, cette alliance offre une feuille de route précieuse pour les nations africaines confrontées aux mêmes effets du changement climatique. En diversifiant ses partenaires et en misant sur la diplomatie vétérinaire, le Maroc démontre que la réponse à la fragilité des systèmes d’élevage sahéliens ou maghrébins réside dans l’intégration de normes sanitaires internationales et l’innovation technique. Ce modèle de coopération Nord-Sud illustre comment une gestion proactive des crises sanitaires et une ouverture stratégique peuvent transformer une vulnérabilité climatique en une opportunité de modernisation agricole. Le message est clair : la résilience de la filière viande passera inévitablement par une rigueur vétérinaire accrue et des partenariats transcontinentaux audacieux.

