
Après de fortes pluies en septembre 2025, la fièvre de la Vallée du Rift (FVR) a resurgi au Sénégal, avec une propagation régionale touchant aussi la Mauritanie et la Gambie. Au plus fort de l’épisode, les autorités vétérinaires sénégalaises ont illustré un point clé de la préparation : collecter, structurer et notifier vite l’information sanitaire via WAHIS, la plateforme mondiale de l’OMSA, peut accélérer la coordination et la prise de décision.
De la formation à l’action : l’“effet Abidjan”
Entre le 16 et le 18 septembre 2025, le Dr Mathioro Fall, chef de la division de la protection de la santé animale au ministère sénégalais en charge de l’élevage, participait à Abidjan à une formation OMSA sur la notification des maladies via WAHIS.
À son retour, il clôture un ancien événement et en ouvre un nouveau dans la plateforme, en raison de la hausse des foyers chez l’animal et chez l’humain. Fin septembre, les autorités sanitaires confirment des infections humaines, dont des décès, et l’épisode est ensuite jugé à haut risque pour la santé humaine et animale au niveau national, suite à une évaluation conjointe FAO–OMS–OMSA.
Début décembre, en mission de suivi à Saint-Louis, le Dr Fall indique que l’épidémie semble avoir atteint son pic et que les cas devraient progressivement diminuer, tout en soulignant la nécessité de capitaliser l’expérience pour mieux anticiper les prochaines vagues.
Une maladie “pluies–moustiques–élevages” à impact majeur
La FVR est une maladie vectorielle : le virus est transporté et propagé par les moustiques et peut, dans certains cas, survivre longtemps dans les œufs, réémergeant lorsque les pluies favorisent l’éclosion. L’infection humaine survient surtout via le contact avec le sang ou les fluides d’animaux infectés, mais aussi par piqûre de moustiques.
Chez les animaux, l’OMSA rappelle des impacts particulièrement sévères :
- Agneaux et chevreaux : mortalité pouvant atteindre 70–100% ;
- Moutons adultes et veaux : mortalité souvent 20–70% ;
- Femelles gestantes (brebis, vaches) : avortements quasi systématiques, signal épidémiologique majeur et choc économique pour les éleveurs.
Le triptyque de riposte : vaccination ciblée, sentinelles, lutte antivectorielle
Dans l’approche décrite, la réponse ne repose pas sur un seul levier. Elle combine : vaccinations ciblées, surveillance active d’espèces sentinelles, utilisation d’insecticides et surtout sensibilisation des éleveurs afin qu’ils signalent rapidement les signes évocateurs (notamment les avortements). Objectif : détecter plus tôt, confirmer plus vite et alerter à temps le secteur de la santé humaine en logique One Health.
WAHIS : transparence, alerte, et preuve
L’OMSA rappelle un principe fondamental : dès qu’un foyer d’une maladie animale listée (nouvelle ou précédemment éradiquée) survient, les États membres doivent le signaler via WAHIS. L’efficacité du système dépend directement des compétences et de l’engagement des acteurs qui notifient — d’où l’importance des formations régulières.
Sur cet épisode, l’OMSA indique que la cartographie WAHIS illustre les foyers notifiés par le Sénégal, la Mauritanie et la Gambie entre le 30 septembre et le 10 décembre 2025, rappelant qu’une maladie transfrontalière ne peut être contrôlée durablement par un seul pays.

Pourquoi cela concerne toute l’Afrique
L’OMSA souligne que la FVR a été notifiée dans plusieurs pays ces dernières années, et qu’elle “ne connaît pas de frontières”. Le tableau de bord WAHIS montre notamment des notifications depuis 2023 dans divers pays africains, ce qui renforce l’argument central : partager les données est la première étape de la maîtrise du risque (préparation, mobilisation de ressources, décisions de commerce/mouvements).

