À l’occasion de la Journée Internationale de l’Âne, célébrée le 8 mai 2026, Dr Hiver BOUSSINI, Senior Expert en santé et bien-être animal, élevage et One Health, a adressé un message fort en faveur de la reconnaissance, de la protection et du bien-être de l’âne en Afrique.
Souvent oublié dans les politiques d’élevage et de développement rural, l’âne reste pourtant un acteur essentiel de la vie quotidienne de millions de familles. Dans les villages, sur les marchés, le long des pistes pastorales ou dans les zones enclavées, il transporte l’eau, le bois, les récoltes, les intrants agricoles, les marchandises et parfois les personnes.
Pour de nombreuses communautés rurales, l’âne est bien plus qu’un simple animal de travail. Il est un soutien économique, social et familial. Il aide les femmes, les personnes âgées, les petits producteurs, les éleveurs transhumants et les ménages vulnérables à faire face aux contraintes du quotidien.

Dans son message publié à Ouagadougou, Dr Hiver BOUSSINI rappelle que l’âne ne doit plus être considéré comme un animal de second rang, mais comme un véritable moteur de résilience.
Un message fort pour rendre hommage à l’âne
À l’occasion de cette journée, Dr Hiver BOUSSINI a tenu à adresser le message suivant :
« En ce 8 mai, nous célébrons la Journée Internationale de l’Âne, un travailleur silencieux mais essentiel à la vie de millions de familles en Afrique et dans le monde.
L’âne n’est pas un animal de second rang. Il est un moteur de résilience.
Chaque jour, dans nos villages, sur nos marchés et le long des pistes pastorales, l’âne transporte l’eau, le bois, les récoltes, les intrants et les personnes. Il soutient les femmes, les personnes âgées et les plus vulnérables. Il est le “taxi” des zones enclavées, le “tracteur” des petits producteurs et le “compagnon” des éleveurs transhumants.
En Afrique et partout tout le Sahel, plusieurs millions d’ânes (Plus de 40 millions dans les 24/55 pays africains)qui ont fournis les données) contribuent directement à la sécurité alimentaire, à la génération de revenus et à l’allègement de la pénibilité du travail. Sans l’âne, des milliers d’enfants n’iraient pas à l’école car l’eau serait à chercher trop loin.
Pourtant, l’âne souffre en silence. Il est victime de surcharge, de mauvais harnachement, de manque de soins, d’abattage illégal pour le commerce des peaux “ejiao” et d’un déficit criant de reconnaissance.
La Stratégie Africaine pour le Bien-Être Animal et les normes de l’OMSA rappellent que le bien-être de l’âne est une responsabilité collective.
Protéger l’âne, c’est protéger les moyens d’existence des plus pauvres. C’est défendre le travail décent. C’est appliquer le concept “One Welfare”.
Aujourd’hui, rendons hommage à l’âne. Demain, agissons pour son bien-être. »

Senior Expert – Santé & Bien-Être Animal, Élevage, One Health
Ancien chef d’équipe du Bien-Etre Animal de l’Union Africaine
Un animal indispensable, mais encore trop vulnérable
Malgré son rôle vital, l’âne reste exposé à de nombreuses formes de souffrance. Dans plusieurs régions, il est soumis à des charges excessives, à des harnachements inadaptés, au manque d’eau, à l’absence de repos et à un accès limité aux soins vétérinaires.

À ces difficultés s’ajoutent le vol, la maltraitance et l’abattage illégal, notamment lié au commerce des peaux d’ânes. Ce phénomène fragilise les populations animales, mais aussi les familles rurales qui dépendent directement de ces animaux pour leurs activités quotidiennes.
Pour Dr Hiver BOUSSINI, la protection de l’âne doit donc être considérée comme une question de justice rurale, de santé animale et de développement durable.
Un appel aux propriétaires, aux décideurs et aux partenaires
Dans son message, Dr Hiver BOUSSINI appelle les propriétaires et utilisateurs d’ânes à respecter leur capacité de charge, à leur offrir de l’eau, du repos et des soins vétérinaires. Un âne en bonne santé travaille mieux, plus longtemps et dans de meilleures conditions.
Il invite également les décideurs publics à intégrer l’âne dans les politiques d’élevage, les statistiques nationales et les plans de développement rural. Il plaide aussi pour l’application effective de l’interdiction du commerce illégal des peaux d’ânes décidée par l’Union africaine.
Aux communautés, il demande de protéger l’âne contre le vol et la maltraitance, tout en sensibilisant les enfants au respect des animaux. Aux partenaires techniques et financiers, il lance un appel en faveur de la recherche sur la santé asine, de la fabrication de harnachements adaptés et de la formation des maréchaux-ferrants et auxiliaires de santé animale.
Protéger l’âne, c’est protéger les familles rurales
La Journée Internationale de l’Âne rappelle une réalité simple : derrière chaque âne bien traité, il y a souvent une famille mieux soutenue, une femme moins épuisée, un enfant qui peut aller à l’école, un producteur qui peut transporter ses récoltes et une communauté qui gagne en résilience.

En mettant en avant le concept de One Welfare, Dr Hiver BOUSSINI souligne le lien profond entre le bien-être animal, le bien-être humain et la durabilité des communautés rurales.
À travers cet appel, AfricaVET relaie un message essentiel : reconnaître l’âne, c’est reconnaître le travail silencieux de millions d’animaux qui contribuent chaque jour à la sécurité alimentaire, à la mobilité rurale et à la dignité des familles africaines.
Bonne Journée Internationale de l’Âne.

