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Brésil : comment les normes OMSA de « zonage » ont ouvert la voie au statut indemne de fièvre aphteuse

Le Brésil vient d’illustrer, à l’échelle d’un continent, comment une norme sanitaire internationale peut devenir un outil opérationnel… puis un avantage commercial. Dans un article publié le 8 janvier 2026, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) explique comment le pays a tiré parti des normes de zonage pour être reconnu indemne de fièvre aphteuse (FA) sur l’ensemble du territoire — un statut officiellement reconnu par l’OMSA.

1) De quelles “normes” parle-t-on exactement ?

Le “zonage” n’est pas un slogan : c’est un cadre normatif précis, décrit dans le Code sanitaire pour les animaux terrestres (Code terrestre).

  • Chapitre 4.4 (Zonage et compartimentation) : il fournit les recommandations pour créer et maintenir des sous-populations (zones/compartiments) ayant un statut sanitaire spécifique, et décrit un processus permettant aux partenaires commerciaux de reconnaître ces sous-populations.
  • Pour la fièvre aphteuse, le Code terrestre fixe aussi les exigences et les repères techniques liés au statut (pays/zone) en fonction de la situation, notamment via le Chapitre 8.8 (Infection par le virus de la fièvre aphteuse), qui encadre les conditions de statut et les mesures associées (surveillance, autorité vétérinaire, etc.).

En pratique, ces normes structurent ce qu’un pays doit être capable de prouver : où se situe le risque, comment il est contenu, et comment la continuité des activités peut être assurée dans les zones indemnes.

2) Le “paquet” minimum pour qu’un zonage soit crédible

L’OMSA rappelle un point clé : pour fonctionner, le zonage doit reposer sur des fondations concrètes. Les pays doivent mettre en place un système d’identification des animaux, des contrôles des mouvements, et des mesures de biosécurité. À ce prix, le maintien de zones indemnes soutient la production et le commerce sûr d’animaux et de produits.

Cette logique est cohérente avec la définition opérationnelle d’une zone : une aire géographique, encadrée par l’Autorité vétérinaire, dont le statut est garanti par la surveillance et des mesures comme le contrôle des mouvements et la biosécurité.

3) L’approche brésilienne : “zone par zone”, jusqu’au statut national

Au Brésil, la lutte contre la fièvre aphteuse a structuré l’organisation des services vétérinaires depuis des décennies. Marcelo de Andrade Mota, Directeur des services vétérinaires et Délégué OMSA, explique que la taille du pays imposait une stratégie progressive : diviser le territoire en zones, les prioriser, et avancer selon les capacités locales.

La séquence est restée constante :

  • encercler les foyers,
  • vacciner pour casser la transmission,
  • puis retirer progressivement la vaccination, toujours zone par zone.

Résultat : une première zone reconnue indemne (avec vaccination) dans les années 1990 ; puis, en 2024, un Brésil indemne sans vaccination ; et en 2025, la reconnaissance officielle par l’OMSA.

4) Les “zones de paix” : éviter qu’un foyer ne paralyse tout le pays

Dans l’ère post-fièvre aphteuse, le zonage devient un outil de résilience économique. Le Brésil a mis en place des “zones de paix” activables en cas de réapparition : si un cas est détecté, la zone affectée est isolée, tandis que les autres zones peuvent continuer à faire circuler les animaux et à maintenir l’activité.

5) Ce que montre l’Observatoire OMSA : progression… mais application inégale

Les données OMSA montrent une tendance nette : la proportion de Membres affectés déclarant utiliser le zonage comme mesure de contrôle est passée de 40% en 2005 à 67% en 2021 (dernière année avec données les plus complètes).

Mais l’adoption varie fortement selon les maladies, et la notification reste parfois partielle lorsque la maladie est “limitée à une ou plusieurs zones”. En 2021, la déclaration de recours au zonage atteignait notamment 64% chez les Membres affectés par la PPA, 47% pour la fièvre aphteuse, et 82% pour l’influenza aviaire hautement pathogène.

6) La leçon à retenir : zonage = normes + preuves + mesures “fonctionnelles”

L’OMSA insiste : pour renforcer le zonage, il faut des mesures réellement opérationnelles — en particulier le contrôle des mouvements — et il peut être utile de le combiner avec d’autres mécanismes OMSA (reconnaissance officielle, auto-déclaration), susceptibles de faciliter des accords commerciaux bilatéraux.

Le cas brésilien résume l’essentiel : un zonage crédible n’est pas une carte, c’est un système de gouvernance, de données, de surveillance et de contrôle — suffisamment robuste pour convaincre à la fois les acteurs nationaux… et les partenaires commerciaux.

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Malick Kane